Good Kill de Andrew Niccol, 2014
Good Kill (2014), écrit et réalisé par Andrew Niccol, suit le commandant Thomas Egan (Ethan Hawke), un ancien pilote de chasse reconverti dans le pilotage de drones militaires. Basé sur une base aérienne près de Las Vegas, il passe ses journées à traquer et éliminer des cibles talibanes en Afghanistan, à des milliers de kilomètres de distance, avant de rentrer chaque soir dans son quotidien familial en banlieue américaine.
Cette double vie finit par le ronger : Thomas développe un stress post-traumatique et commence à douter profondément du sens de sa mission — se demandant s’il n’engendre pas, par ses frappes, davantage de terroristes qu’il n’en élimine. Le film explore la déshumanisation de la guerre moderne, où tuer devient un geste routinier exécuté depuis un fauteuil climatisé, et interroge les conséquences psychologiques de cette violence à distance sur ceux qui l’exercent, ainsi que sur leur entourage. Sa femme Molly (January Jones) subit également l’éloignement émotionnel croissant de son mari.
Présenté en compétition au Festival de Venise 2014, le film s’inspire notamment du témoignage réel de Brandon Bryant, un ancien opérateur de drone de l’armée américaine — ancrage documentaire qui renforce la portée critique du propos sur l’éthique de la guerre télécommandée.
Introduction au film par Bertrand Bacqué, professeur à la HEAD et un invité pour le débat après projection.
Invité pour les échanges :
Olivier Zuchuat
Réalisateur et monteur suisse né en 1969 à Genève, Olivier Zuchuat a d’abord étudié la physique théorique à l’EPFL et à Trinity College (Dublin), puis la littérature et la philosophie à l’Université de Lausanne, avant de passer par le théâtre et de se consacrer au documentaire à partir de 2001. Son cinéma croise engagement social et mémoire des conflits : Djourou, une corde à ton cou (2004) sur le surendettement en Afrique, Au loin des villages (2008) sur les survivants du Darfour au Tchad, Comme des lions de pierre à l’entrée de la nuit (2013) sur les mines de charbon de Serbie, ou encore Le Périmètre de Kamsé (2020) au Burkina Faso. Parallèlement à sa pratique de cinéaste, il mène une carrière d’enseignant et de chercheur : chargé de cours à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, intervenant à La Fémis, il est depuis 2015 professeur au département cinéma de la HEAD – Genève. Doctorant à l’Université Paris 8, il travaille sur les esthétiques du montage contemporaines et a co-dirigé les ouvrages Montage. Une anthologie (1913–2018) (Presses du réel/MAMCO, 2018) et Lav Diaz : faire face (Post Éditions, 2022).
